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Chroniques de Plantes ...

L’huile essentielle de Palmarosa (Cymbopogon martinii var.motia Stapf)

Selon la croyance chinoise, elle a le pouvoir d’éteindre le feu du corps et de l’esprit.

31/5/22
L’huile essentielle de Palmarosa (Cymbopogon martinii var.motia Stapf)

Palmarosa est une grande herbe vivace, appartenant à la famille des Poacées (ou Poacaea) qui compte plus de 700 genres et 8 000 espèces. Ces familles d’herbes parfois injustement considérées comme « mauvaises » sont présentes partout sur terre et ne nécessitent aucun besoin particulier. Elles sont résilientes et disposent d’une capacité d’adaptation à toute épreuve. Rappelons également qu’elles participent comme les autres végétaux à la lutte contre l’érosion des sols ! 

Les feuilles du Palmarosa sont regroupées en « touffes » et peuvent atteindre 3m de haut. Cultivée le plus souvent sous les climats tropicaux qu’elle apprécie, cette herbe est originaire d’Inde où les médecines indiennes et orientales l’utilisent depuis des siècles contre les affections de la peau. En Chine, le Palmarosa est conseillé en tant qu’aliment de type Yin, car selon la croyance chinoise, il a le pouvoir d’éteindre le feu du corps et de l’esprit. 

A noter que son huile fut longtemps utilisée à Constantinople pour « couper » l’HE de Rose, trop onéreuse, du fait de son faible rendement.

L’huile essentielle de Palmarosa est extraite de l’herbe aromatique en pleine floraison, lorsqu’elle arrive à maturité, ses inflorescences, dotées de panicules, rougissent d’un plaisir non dissimulé. Très proche de sa cousine, la citronnelle, son parfum est cependant beaucoup plus doux et agréable, plus proche de la rose et du géranium. 

D’un point de vue biochimique, elle est composée de près de 80 à 95% de Monoterpénols (principalement du géraniol +/- 70%) et environ 10% d’esters (dont l’acétate de géranyle et le formiate de géranyle que l’on retrouve également dans le géranium rosat). Elle contient aussi un faible taux de caryophyllène (un sesquiterpène au pouvoir anti-inflammatoire puissant) et un peu de farnésol (un sesquiterpénol).

Sa forte concentration en géraniol, l’un des plus grands anti-infectieux de la famille des Monoterpénols, lui confère un pouvoir antibactérien majeur, mais aussi antiviral et antifongique, alors que la présence de molécules sédatives (esters) et sa fragrance particulière, lui concèdent des propriétés régulatrices du système nerveux

Autre particularité qui mérite d’être soulignée : bien que le géraniol soit considéré par la législation européenne comme étant une molécule allergisante, le Palmarosa est très bien toléré en application cutanée. Il est de ce fait possible de l’utiliser directement en friction sur la peau (attention cependant à bien diluer l’HE à 20% dans une huile végétale, si vous l’utilisez sur un enfant)

Quelques indications d’utilisation : la plante pousse en « touffes » telle une chevelure abandonnée négligemment sur le sol, elle sera de ce fait utile dans la régulation des excès de sébum à l’origine des pellicules.

Vous pouvez par exemple ajouter 5 gouttes d’HE dans votre shampoing habituel, 1 à 2 fois par semaine, ce qui aura pour effet de réguler le pH de votre cuir chevelu.

L’HE de Palmarosa est également utilisée fréquemment dans les problèmes de transpiration excessive. Sa bonne tolérance au niveau cutané et sa fragrance agréable en font un ingrédient de choix dans les crèmes et lotions DIY. Si vous souhaitez l’essayer, il vous suffira de mélanger 1 goutte d’HE dans un peu d’huile végétale de coco et d’appliquer cette préparation sous les 2 aisselles, 1 fois par jour.

Attention : comme toutes les HE, faites au préalable un test cutané, dans le pli interne du coude avant toute utilisation.

Mélangée à un peu d’huile végétale de noyaux d’abricots (ou une autre HV) elle sera parfaite pour le massage. Vous pourrez enfin profiter de sa dynamique énergétique, accentuée du fait de son profond enracinement en la mélangeant à du lait que vous verserez dans l’eau du bain.

Contre-indication : aucune connue aux doses physiologiques, il ne faudra cependant pas l’utiliser sur la femme enceinte (cette HE est un tonique utérin, donc dangereuse durant la grossesse)

Selon Michel FAUCON, dans son livre « Traité d’aromathérapie scientifique et médicale », cette HE possède une note de caractérologie de Culpabilité : elle sera utile aux personnes qui se sentent partagés entre plusieurs devoirs, « embourbés » dans une situation inconfortable ou tout simplement « mal dans leur peau ».

Sources : Michel FAUCON « Traité d’aromathérapie scientifique et médicale », « Maîtriser le pouvoir des huiles essentielles » Elske MILES

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